22 juillet 2009
Le jour de toutes les dernières fois, Martha Heesen
Depuis tout petit, Boniface est un garçon sensible, un artiste rêveur. S'évader, partir en vadrouille pour être au plus proche de la nature est pour lui un besoin essentiel. Seule sa mère le comprend même si elle s'inquiète quand son fils disparait sans prévenir personne. Petrus, le grand frère de Boniface, est délégué permanent à la recherche de son petit frère, ce qui commence à lui peser. Mais cette fois, il n'a pas réussi à retrouver son frère et la police a dû être alertée.
Le récit se déroule sur une journée, une journée particulièrement éprouvante pour Petrus, le narrateur. Dès les premiers chapitres, on sent une atmosphère pesante, on a l'impression qu'une chape de plomb entoure la famille et on ne doute pas une seule seconde que quelque chose de grave, d'indicible, à toucher cette famille. La construction de l'histoire (alternance de passage au présent et de flash-back) va nous mettre sur la piste et on comprend très vite que la mère des deux frères est décédée il y a peu (le drame nous est réellement dévoilé dans les derniers chapitres).
L'auteure nous livre un texte touchant et pudique sur l'amour que les parents peuvent porter à leurs enfants, sur les difficultés qu'ils peuvent avoir à les comprendre mais aussi sur la fragilité des familles qui doivent avancer ensemble pour faire leur deuil.
Le jour de toutes les dernières fois, Martha Heesen. Thierry Magnier, 2009.
20 juillet 2009
Julie telle que, Nadia Xerri-L
Aujourd'hui est un jour particulier pour Julie : son grand frère, Alex, accusé de meurtre, va être jugé. Seule devant la porte d'entrée (parce qu'elle n'a pas osé aller au procès), la jeune fille exprime ses doutes et ses craintes, partagée entre le désir de vérité et celui de voir son frère revenir à la maison.
L'auteure nous livre ici une histoire poignante. Le récit nous plonge dans les pensées de Julie, soeur d'un assassin présumé. Le texte dévoile avec pudeur les difficultés de la jeune fille : comment supporter le rergard des autres qui pensent qu'elle est la soeur d'un meurtrier, oubliant trop vite le mot "présumé" ? Comment montrer à son frère, que, même si elle n'a pas eu le courage de venir au procès, l'amour fraternel est un sentiment immuable, quelle que soit la décision des juges ? Comment continuer à vivre quand on a l'impression d'avoir perdu un des siens ? Une histoire touchante qui nous plonge dans la douleur des familles qui ont un des leurs en prison.
Un texte (trop) court qui, comme le veut la collection, peut être lu à voix haute. Je dis trop car j'aurai aimé que la personnalité des personnages soient plus approfondie. J'ai eu l'impression qu'il manquait parfois quelque chose. De plus, même si on peut comprendre le besoin d'évasion de Julie, la chute du roman m'a tout de même semblé déroutante. Dans la même collection, j'ai préféré Rien que ta peau. Julie telle que fait aparemment suite à Couteau de nuit, une pièce de théâtre également écrite en 2008. Peut-être faut-il d'abord avoir lu cet ouvrage pour apprécier complètement Julie telle que.
Julie telle que, Nadia Xerri-L. Actes sud junior, 2008.
Qu'est ce qui se passe ?
Et oui, comme vous avez peut-être pu le constater, depuis quelques temps, peu de nouveaux billets fleurissent sur mon blog.
Non non, je ne suis pas en vacances et je ne me suis pas non plus arrêtée de lire. Rassurez vous, il n'y a rien de grave, je suis juste atteinte de flemmingite aïgue (si si, il paraît que ça existe !) et j'attends aussi mes vacances avec impatience (encore 15 jours à patienter !). Alors je lis mais je ne trouve pas la motivation pour écire un avis et, en plus, je passe sur les autres blogs de lecteurs sans laisser de commentaires.
En attendant, j'ai commencé à préparer mon colis pour le swap Mémoire d'enfance auquel je participe. Je profite de ma terrasse quand il fait soleil (parfois avec un bouquin, parfois sans...). Et je réfléchis aux nouvelles animations à proposer aux classes pour la rentrée prochaine. Je pense très fort à mes vacances qui approchent. Et bien sûr, j'attends que ma motivation revienne !
07 juillet 2009
Le parfum de l'accident, Roger Judenne, illustré par Thierry Christmann
Aujourd'hui, Maxime s'est fait tout beau : il a rendez-vous avec sa grand-mère chez le photographe. En chemin, il va s'arrêter manger une glace et tout va alors déraper.
Avec ce titre, j'ai découvert une des nouvelles séries d'Hatier Poche : Rue casse-tête. Il va m'être difficile de parler de ce livre sans en dévoiler "le truc" ; je vais tâcher de faire attention et de ne pas trop en dire.
Chaque chapitre de l'histoire correspond à un narrateur différent. J'ai eu du mal à comprendre le début du chapitre 2 parce que je n'avais pas saisi cette astuce. Pourtant, le nom de la personne qui va raconter ce qu'elle a vu est bien indiqué en tête de chapitre. Le choix de faire parler plusieurs personnages est peu commun et nous permet d'avoir une vue globale de l'évènement qui va se produire : Maxime va se faire renverser par un car.
Arrivée à la fin de l'histoire, j'ai été très sceptique. Le texte me paraissait incohérent : comment un garçon de 7-8 ans peut-il avoir un ami qui fait du scooter ? Pourquoi y-a-t-il un vendeur de ticket qui répète sans cesse que si les enfants n'ont pas de tickets, ce sont leurs parents qui sont responsables ? Bref, j'avais trouvé l'histoire sans grand intérêt.
Heureusement, j'ai tourné la page !! Et là, la solution m'est apparue, donnée par l'auteur. Et nan, je n'avais pas deviné "le truc" de l'histoire (et pourtant, j'ai plus du double de l'âge des lecteurs auxquels ce roman s'adresse !). J'ai été bluffée et j'ai alors pensé "bien joué" avec un grand sourire aux lèvres.
Je conseille cette histoire aux enfants dès 7-8 ans. Peut-être qu'ils seront plus astucieux que moi ! En attendant, il faut que je me procure le 2e livre de cette série afin de voir s'il fonctionne sur le même principe (et cette fois, j'espère ne pas me faire duper !)
02 juillet 2009
Qui ne tente rien n'a rien...
Même si je ne suis pas une grande chanceuse, je tente quand même de gagner ce très joli sac réalisé par Yuki. Si vous aussi vous voulez tenter votre chance, allez faire un tour sur son blog. (Vous découvrirez notamment les nombreux swap auxquels elle a participe !)
Matakonda la Terrible, Anne Vantal, illustré par Julia Wauters
Matakonda est une terrible sorcière qui vit seule au fond de la forêt. Un jour, elle réalise une potion magique qui lui donnera un enfant beau et qui s'occupera bien d'elle. Hélas, rien ne se passe comme prévu. L'enfant qui nait est un garçon, Tom, mais il est loin d'être parfait avec son nez tordu et ses yeux qui louchent. Matakonda décide alors de se venger sur son fils.
Tom, mal aimé par sa mère, va vivre de nombreuses aventures. Dans cette histoire, en plus d'une sorcière, il y a également une princesse et, vous vous en doutez, une belle histoire d'amour. Tous ces ingrédients réunis plairont sûrement aux jeunes lecteurs.
Pour ma part, j'ai regretté certaines incohérences au niveau temporel notamment : l'auteure évoque des carrioles (ce qui rappelle une époque plus ancienne) alors que la jeune princesse porte des baskets fluorescentes (époque moderne).
Je suis peut-être vieux-jeu mais, pour moi, les "méchants" doivent le rester. Or, à la fin du récit, Matakonda s'adoucit, devient agréable, ce qui m'a un peu dérangé. Une sorcière reste une sorcière !
A lire des 8-9 ans.
Matakonda la Terrible, Anne Vantal. Actes Sud, 2009.
01 juillet 2009
Le meilleur des dictateurs, Bruno Paquelier
Dans un futur plus ou moins proche, les écrans ont totalement remplacé le papier. Une nouvelle emission de télé-réalité, "Le meilleur des dictateurs" fait un carton auprès des jeunes. Le but des quatre candidats participants : incarner le mieux possible le dictateur de la semaine, choisi par la production, afin d'empocher une grosse somme d'argent. Cette semaine, les quatre jeunes devront prendre la peau d'Hitler. Heureusement, il reste l'association D.E.H.O.R.S qui se bat pour faire cesser ce programme qu'elle est la seule à juger scandaleuse. Et puis, il y a Michel, nouveau candidat, qui va donner un tour innatendu à l'émission.
La télé-réalité et ses dérives, la société des écrans voilà des sujets qui me semblaient intéressants et encore peu traités. Pourtant... je n'ai pas été du tout bluffée et nous avons même rendu ce roman à la librairie.
La collection s'adresse aux enfants et j'ai trouvé que le texte n'était pas franchement adapté. L'auteur critique cette société future où la population sera peut-être complètment ignorante de son passé (ici les jeunes ne savent pas qui sont les dictateurs) pourtant dans le livre on trouve très peu d'informations sur Hitler et sur ce qu'il a fait (il faut donc déjà avoir un minimum de culture historique pour connaître certains faits cités dans le roman tel que le massacre d'Oradour). Sans pour autant faire de ce roman un livre historique j'aurai aimé y trouver davantage d'explications sur les faits réels.
Dès les premières pages, on trouve des répétitions ce qui m'a dérangé. (Il y a encore des dictionnaires des synonymes, nan ?)
Je n'ai pas non plus accroché au don surnaturel de Michel qui a les moyens de se retrouver dans le passé. Peut-être était-ce pour donner une touche d'originalité ? Pour ma part, j'ai trouvé que cela compliquait encore plus le récit et que là aussi, il fallait une certaine connaissance pour comprendre certains passages.
Ce roman m'a donc déçu pourtant le sujet choisi me paraissait intéressant mais il a été mal traité. Je ne conseille donc pas spécialement ce texte (Quoi que, j'aurai bien aimé connaître l'avis d'autres lecteurs)
Le meilleur des dictateurs, Bruno Paquelier. Oskar jeunesse, 2009.





