Des enfants, des livres

"Les oiseaux ont des ailes, les enfants ont des livres" (Alain Serres)

28 août 2009

Villa des oliviers, Anne Vantal

Villa des oliviers

Comme tous les étés, Manon, quinze ans, part trois semaines dans la maison de ses grands-parents, la Villa des Oliviers. Elle y retrouve toute sa famille pour passer d'excellentes vacances. Pourtant, cette année, Manon s'attend à un séjour long et ennuyeux : sa meilleure amie Célia n'a pas pu l'accompagner et l'adolescente se sent bien loin des préoccupations de ses petites cousines. Alors qu'elle a décidé de bouder, elle va faire une rencontre qui va bouleverser ses projets.

La critique de Clarabel m'avait vraiment donné envie de lire ce roman et bien c'est fait !

Impossible de ne pas se remémorer ses propres quinze ans à la lecture de cette histoire. Anne Vantal peint avec justesse un portrait de l'adolescence. Plus une enfant mais pas encore une adulte, Manon a bien du mal à trouver sa place. Alors qu'auparavant elle s'amusait sans problèmes, elle se trouve dorénavant trop grande pour jouer avec ses cousines. Elle aimerait davantage être prise au sérieux par les adultes qui ne voient en elle qu'une adolescente en crise. Pas facile de faire avec tous ces changements !

Les vacances riment aussi souvent avec rencontres d'autant plus quand on a quinze ans ! En trois semaines, Manon va vivre en accéléré une véritable histoire d'amour avec Nicolas, de la séduction à la désilusion.

Cet été-là, Manon va grandir et laisser son enfance derrière elle ; cet été-là, elle s'en souviendra toute sa vie.

Le texte d'Anne Vantal m'a beaucoup touchée. J'ai trouvé que l'auteure décrivait avec justesse l'adolescence avec ses joies, ses doutes et ses peines loin des clichés ou des exagérations que l'on peut parfois entendre. L'ambiance familiale et le cadre du récit (une Villa au bord de la Méditerranée) rappellent vraiment les vacances (qui ne sont pas si loin) et ont contribué au plaisir de la lecture.

Maintenant que je viens d'écrire mon avis, je file de ce pas lire celui de Bauchette.

Villa des oliviers, Anne Vantal. Seuil, 2009.

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Les billets risquent d'être moins nombreux dans les prochains jours. La rentrée littéraire est passée par là : il faut lire les romans adultes afin de pouvoir donner des avis aux lecteurs. Du coup, mes lectures jeunesses sont un peu mises de côté (j'essaierai de faire des billets sur des ouvrages plus "anciens")

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25 août 2009

Roulis, rouleaux, Bernadette Pourquié, illustré par Yan Thomas

Roulis, rouleaux

Aujourd'hui, la mer a décidé de se déchainer. Petit poisson aperçoit un navire en péril, qui coulera s'il ne fait rien. Il va alors chercher les étoiles de mer : elles seules savent calmer la colère de la mer. Doucement, la mer se calme ; le bateau peut alors, doucement, se remettre à flots.

Il y a longtemps que je n'avais pas présenté d'albums. Roulis, rouleaux est mon dernier coup de coeur. J'ai tout d'abord eu un (gros) faible pour les illustrations réalisées en papier déchiré et en gravures sur bois. Les superpositions de papiers reflètent à merveille les couleurs et mouvements de la mer. Le navire ainsi que Petit poisson ressortent de cette composition car la technique utilisée pour les représenter n'est pas la même.

Le texte est poétique et les mots glissent tout seuls quand on les lit. Les phrases sont courtes et très rythmées ; on pourrait presque en faire une petite comptine. Le vocabulaire employé est simple et compréhensible par les plus jeunes.

A lire dès 3 ans.

Roulis, rouleaux, Bernadette Pourquié. Mango jeunesse, 2009.

L'avis d'Anne Godin de Ricochet.

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24 août 2009

Le rire de Stella, Siobhan Parkinson

Jake est un garçon passionné par les poissons. Il n'aime pas les filles et encore moins les bébés. Il va pourtant devenir l'ami de Stella, rencontrée par hasard dans un supermarché, qui fait partie d'une famille nombreuse ; il va aussi devoir s'impliquer dans le rôle de grand frère puisque sa mère vient de mettre au monde une petite fille. Ces nouvelles rencontres vont boulerverser sa manière de vivre...

Tout comme Aurélie, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Le lecteur est au courant dès le début du roman : Jake va devoir faire face à un évènement difficile. Oui mais lequel ? Voilà la question que je me suis posée tout au long de la lecture, la réponse n'arrivant que dans les derniers chapitres. L'ambiance est assez pesante puisqu'on est dans l'attente (pour expliquer ce que j'ai ressenti : comme si on savait qu'il allait arriver quelque chose de grave à un proche mais qu'on ne pouvait rien faire pour l'en empêcher). Heureusement, la chute est positive - Jake doit faire de l'épreuve une force, pour pouvoir la surmonter et continuer à avancer malgré tout.

Le rire de Stella, c'est toutefois une belle histoire d'amitié entre deux (grands) enfants que tout oppose. Leur amitié va permettre à Jake et Stella de grandir, de remettre en question leurs avis en confrontant leurs différents points de vue. Il y a aussi le personnage de Mme Kennedy, la vieille dame pleine de sagesse, voisine de Stella, que les deux enfants vont rencontrer.

Je n'ai donc pas spécialement accroché par contre pour ma collègue, ce fut un coup de coeur.

Pour les enfants à partir de 10-11 ans.

Le rire de Stella, Siobhan Parkinson. L'école des loisirs, 2009.

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20 août 2009

Celui qui voit avec ses pieds, Yves Pinguilly

Celui qui voit avec ses pieds

Koudoubi s'envole pour la France. Le jeune Burkinabé a été engagé par un sélectionneur pour jouer dans l'équipe de football de Guingamp. Mais à Roissy, son entraîneur l'attend en vain. Koudoubi a mystérieusement disparu. (4e de couverture)

Les histoires d'Yves Pinguilly évoquent souvent l'Afrique. Une fois de plus, l'auteur nous entraîne sur le continent africain, à la rencontre de Koudoubi, un jeune footballeur. Koudoubi n'est pas un joueur comme les autres puisqu'il a été sélectionné pour intégrer un club français.

Le récit débute le jour du départ de l'adolescent - son oncle l'accompagne jusqu'à la porte de l'embarquement - et est ensuite composé de différents flash backs. Ces retours dans le passé nous apprennent comment Koudoubi a été sélectionné, ce qu'il a fait la veille de son grand départ.
Effectivement, une fois à Roissy, Koudoubi est introuvable. Je n'en dirai pas plus (sauf qu'il y a une histoire de filles là-dessous ;-) ).

Voilà un court récit (une quarantaine de pages) qui ravira les fanas de foot (mais pas seulement). En effet, Yves Pinguilly s'est amusé à glisser de nombreuses expressions faisant références à ce sport.
Pour connaître l'explication concernant le titre, il faudra attendre la fin du récit (l'adolescent n'est pas aveugle, comme je l'ai pensé la première fois que j'ai vu le livre).

Même si l'histoire est courte, je conseillerai ce livre aux enfants à partir de 10-11 ans.

Celui qui voit avec ses pieds, Yves Pinguilly. Editions du Jasmin, 2009.

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19 août 2009

FDD Fatou Diallo Détective, Emmanuel Tredez

FDD Fatou Diallo Détective

Fatou est une petite fille de 9 ans qui habite dans la cité des Violettes. Mais attention, sa cité est tranquille pas comme celles dont on parle toujours à la télé. Le quartier est-il vraiment si tranquille que ça ? Quand un chat disparait ou qu'un portable est volé, Fatou est là pour mener l'enquête ! En effet, avec ses amis, elle a créé l'agence de détectives FDD et est toujours prête pour élucider tous les mystères.

Voilà un petit roman que j'ai beaucoup aimé ! L'héroïne est une fillette espiègle qui n'a pas sa langue dans sa poche. La lecture est vraiment agréable et les nombreux jeux de mots, compréhensibles par les plus jeunes, donnent le sourire.

Le roman est divisé en quatre petites enquêtes toutes ancrées dans le quotidien des habitants du quartier. Ici, point de cadavre, de sang ou de police mais des sujets plus proches des enfants. Si elles peuvent être lues individuellement, les histoires reprennent toutefois les personnages déjà présentés par Fatou.

Un premier roman policier à conseiller aux enfant à partir de 8 ans.

FDD Fatou Diallo Détective, Emmanuel Tredez. Nathan, 2009.

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17 août 2009

Ce que j'étais, Meg Rosoff

Ce que j'étais

Le narrateur est un jeune garçon de 16 ans (on apprendra son prénom qu'à la fin du roman). On est en 1962, il est envoyé par ses parents dans le pensionnat pour garçon de Saint-Oswald situé sur la côte est de l'Angleterre. Un jour qu'il fuit l'atmosphère pesante du lycée, il va rencontrer Finn. Finn est un ado qui vit tout seul dans une petite cabane de pêcheur. Une troublante amitié va alors naître entre les deux garçons.

Ayant vraiment apprécié Maintenant c'est ma vie, j'attendais beaucoup de cette lecture et j'ai vraiment été déçue (j'ai même fini par lire la fin en diagonale).

J'ai trouvé que le style de l'auteur (ou alors est-ce dû à la traduction ?) n'était pas vraiment destiné aux adolescents. Le vocabulaire employé est parfois compliqué. Certes, cela n'empêche pas de comprendre l'histoire mais cela peut être désagréable de lire un texte dont on ne connait pas tous les mots. Je ne conseillerai pas cette lecture aux jeunes de moins de 15-16 ans à moins qu'il soit vraiment bon lecteur.

Pour moi, l'histoire traine trop en longueur. Le narrateur attend impatiemment ses rencontres avec Finn. Il nous raconte ses escapades mais il ne se passe pas grand chose, il y a très peu d'actions. J'ai eu envie que l'histoire avance plus vite pour savoir ce qui allait advenir de leur relation.

La fin est vraiment surprenante mais n'a pas réussi à rendre positif mon jugement sur ce roman. D'ailleurs je n'ai même pas tout compris : pourquoi, dans les dernières pages, le narrateur dit-il s'appeler Finn ? (si quelqu'un a lu ce roman et qu'il peut m'expliquer...). Enfin, le narrateur nous dit avoir, aujourd'hui, 100 ans mais on ne connaîtra quasiment rien de son avenir après le pensionnat. Le récit s'attarde simplement sur sa rencontre avec Finn. Du coup, je n'ai pas vu l'intérêt de mentionner l'âge actuel du narrateur.

Mon jugement est donc assez négatif. Peut-être parce que je m'étais imaginé une lecture aussi bien que Maintenant c'est ma vie. En tous cas, je ne conseillerai pas ce texte.

Ce que j'étais, Meg Rosoff. Hachette, 2008.

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16 août 2009

Les vacances sont finies....

Retour hier sour le ciel gris de Rennes. Le soleil a quand même fini par pointer un peu le bout de son nez mais on est loin du ciel bleu et des 30 degrés que j'ai eu pendant mes vacances à Paris.

Demain reprise du travail et c'est parti pour 1 mois de travaux à la médiathèque. Tout doucement, je vais aussi essayer de reprendre le rythme plus réguliers de mes billets ; rythme que j'ai un peu perdu ces derniers temps.

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04 août 2009

Brèves rencontres avec ma mère, Dana Reinhardt

Brèves rencontres avec ma mère

Simone est une enfant adoptée. Ses parents ne lui ont jamais caché et aujourd'hui, à l'aube de sa vie d'adulte, elle ne ressent pas le besoin particulier d'en connaître davantage sur ses origines. Pourtant, un soir, ses parents lui annoncent que Rivka, sa mère biologique, souhaite reprendre contact avec elle. Pour l'adolescente, il en est hors de question. Si ses parents insistent, c'est en effet qu'il y a urgence : Rivka, atteinte d'un cancer, va bientôt mourir. Après une mûre réflexion, Simone va choisir de rencontrer sa mère naturelle et va alors renouer avec ses origines.

J'ai lu ce roman dans le cadre du comité de lecture ados de la bibliothèque départementale. Sans être un coup de coeur, je l'ai toutefois beaucoup apprécié.

En rencontrant sa mère biologique, Simone va être confrontée à des situations innatendues. En effet, fille de parents athées, elle milite pour la défense des droits des libertés civiles. Pourtant, lorsqu'elle va rencontrer Rivka, la jeune fille va devoir faire face à la religion -dans ce qu'elle a de pire et de meilleur- ce qui ne fait pas du tout parti de son quotidien. En effet, Rivka, fille d'un rabbin hassidique a été contrainte d'abandonner sa fille à la naissance car elle était enceinte à 16 ans hors mariage. En décidant, par la suite, de vivre selon ses propres choix/règles, elle a même été rejetée par toute sa famille.
Le texte amène le lecteur à réfléchir sur les religions. Il met en avant tout ce qu'elles peuvent avoir de positif (transmissions de valeurs, de rites) mais également de négatif (abandon par sa propre famille quand on sort des règles imposées, ce qui ressemble alors fort aux sectes.)

Brèves rencontres avec ma mère aborde également d'autres sujets pas toujours facile à évoquer : l'adoption, la maladie/la mort, le deuil.
Les parents de Simone sont exemplaires, laissant leur fille partir à la recherche de ses origines (la poussant même !) et accueillant chaleureusement Rivka au sein de leur famille.
Le roman traite du deuil sans jamais sombrer dans le pathos, expliquant qu'on ne meurt jamais vraiment puisqu'on vivra à jamais dans le coeur de ceux qui nous ont aimé/connu.

J'ai beaucoup aimé le ton de l'histoire. Simone, la narratrice, qui doit mener de front les recherches de ses origines et sa vie d'ado, ponctue son récit de ses réflexions sur d'autres sujets la préoccupant (l'amour, les garçons, la première relation sexuelle...) ce qui donne un ton plus léger et pétillant.

Une belle lecture.

Brèves rencontres avec ma mère, Dana Reinhardt. Thierry Magnier, 2009.

Posté par Gaellou44 à 22:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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