22 juillet 2009
Le jour de toutes les dernières fois, Martha Heesen
Depuis tout petit, Boniface est un garçon sensible, un artiste rêveur. S'évader, partir en vadrouille pour être au plus proche de la nature est pour lui un besoin essentiel. Seule sa mère le comprend même si elle s'inquiète quand son fils disparait sans prévenir personne. Petrus, le grand frère de Boniface, est délégué permanent à la recherche de son petit frère, ce qui commence à lui peser. Mais cette fois, il n'a pas réussi à retrouver son frère et la police a dû être alertée.
Le récit se déroule sur une journée, une journée particulièrement éprouvante pour Petrus, le narrateur. Dès les premiers chapitres, on sent une atmosphère pesante, on a l'impression qu'une chape de plomb entoure la famille et on ne doute pas une seule seconde que quelque chose de grave, d'indicible, à toucher cette famille. La construction de l'histoire (alternance de passage au présent et de flash-back) va nous mettre sur la piste et on comprend très vite que la mère des deux frères est décédée il y a peu (le drame nous est réellement dévoilé dans les derniers chapitres).
L'auteure nous livre un texte touchant et pudique sur l'amour que les parents peuvent porter à leurs enfants, sur les difficultés qu'ils peuvent avoir à les comprendre mais aussi sur la fragilité des familles qui doivent avancer ensemble pour faire leur deuil.
Le jour de toutes les dernières fois, Martha Heesen. Thierry Magnier, 2009.
25 juin 2009
Demain la lune, Cécile Roumiguière
Ete 1969, Michel a onze ans. Pour la première fois, il va passer le mois de juillet dans un camping avec son père et Liliane, sa soeur, de 4 ans son aînée. Ses parents viennent de se séparer et le garçon a du mal à accepter de ne plus passer les deux mois d'été en Bretagne, chez son grand-père. Mais il n'a pas le choix : le voilà embarqué dans un train direction Toulouse ! Sur le quai, son père est là mais il n'est pas seul : voilà qu'une femme, Mireille, l'accompagne. Et il faudra bien faire avec bien que Lilianne ait décidé d'en faire voir de toutes les couleurs à cette nouvelle venue.
Une fois au camping, Michel va faire la connaissance de Corinne, une petite brunette avec des couettes et un nez rouge d'avoir trop pris le soleil. Corinne est une petite fille fascinée par les nouvelles technologies et l'espace. En effet, en cet été 69, un grand évènement se prépare : bientôt l'homme fera ses premiers pas sur la Lune. Et c'est en passant du temps avec cette nouvelle amie que Michel va s'intéresser à la conquête spatiale.
Cette histoire m'a beaucoup touché. Demain la lune est un livre qui parle d'amour : Michel va découvrir qu'en terme d'amour (et de beaucoup d'autres sujets d'ailleurs !) on n'est jamais sûr de rien. L'amour vient et puis s'en va. C'est là vie. Durant cet été, le garçon va perdre beaucoup de ses illusions mais c'est souvent ce qui fait grandir.
En arrière plan, il y a aussi la conquête de l'espace et les premiers pas de l'homme sur la lune. Cet évènement majeur qui a donné des rêves fous aux gens. Et si dans les années à venir, il n'y avait plus de guerre, de famines etc. ? A ce moment, tous les espoirs étaient permis pour les milliers de téléspectateurs présents devant leur télévision. Corinne et Michel ont aussi des rêves insensés : et si en l'an 2000, ils partaient en vacances en orbite ?
Cette époque n'est pas du tout la mienne et pourtant cela ne m'a pas empêché d'être transportée par l'histoire. Ce n'est pas du tout ringard, au contraire ! J'ai été portée par les rêves, les illusions bercées par le texte. Cécile Roumiguière nous plonge dans un été hors du commun qui fera grandir Michel (et le lecteur aussi ?!)
Demain la lune, Cécile Roumiguière. Seuil, 2009.
11 mars 2009
Le courage du papillon, Norma Fox Mazer
Beauty, Mim, Faithful (qui a décidé de se faire appeler Stevie), Fancy et Autumn sont soeurs. Cinq soeurs mais cinq personnalités différentes que l'on découvre au fil de la lecture (tour à tour, chacune des soeurs va devenir le narrateur). Comme dans toutes les familles, les soeurs se disputent, ont du mal à se comprendre mais s'entraident ; et surtout elles s'aiment.
Depuis quelques temps, un homme étrange, solitaire, observe la fratrie. Il note les habitudes de chacune des soeurs, cherche à savoir laquelle est sa préférée. Un jour, suite à un drame familial, l'une des soeurs fugue et se perd en ville. Mais l'homme est là, il la guette et c'est un autre drame qui se joue alors.
A partir de ce moment, le ton change. Ls chapitres sont plus courts, plus directe. Le texte devient plus haletant. Ce qui se passe entre la fille et l'homme n'est jamais clair, tout est dans la sugesstion ce qui renforce l'émotion du texte. La jeune fille arrivera-t-elle à lutter contre le danger ?
Un texte poignant et pourtant ce qui se passe chez l'homme n'est jamais vraiment raconté. Le dernier chapitre, qui évoque "l'après" montre à quel point la reconstruction est lente et difficile après un tel "choc".
Un livre étonnant qui nous transporte dans la tête de tous les personnages. La peur succède au rire et nous tient en haleine jusqu'à la fin.
Le courage du papillon, Norma Fox Mazer. Albin Michel, 2009.
09 mars 2009
Papa et maman sont dans un bateau, Marie-Aude Murail
Sur la couverture, on aperçoit de profil les quatre membres de la famille Doinel. Marc, le père travaille dans une entreprise de transports routiers. Sa boîte est rachetée par une firme hollandaise et il n'ose rien dire à personne des licenciements qui se trament. Nadine, la mère est institutrice dans une classe de maternelle. Elle est fatiguée de devoir suivre toutes les instructions de l'Education Nationale qui semblent parfois aller à l'encontre de l'épanouissement de ses petits élèves. Charlie est élève de troisième. Transparente aux yeux de ses camarades, elle se demande pourquoi elle est amoureuse d'un héros de manga et non pas d'un garçon réel. Esteban, le petit dernier, est surdoué. Il ne se plaint jamais et se laisse maltraiter par les élèves de son école. Tout n'est pas rose dans la famille. Pourtant, sans le savoir, il partage un rêve en commun, celui d'une yourte mongol aperçue dans un magazine.
J'ai adoré ce roman qui se lit d'une traite. On y découvre les déboires d'une famille ordinaire, dans une vie tout ce qu'il y a de plus normal. Marie-Aude Murail s'attaque au quotidien, au monde dans lequel nous vivons et à la lassitude qui peut tous nous emporter : famille, monde du travail, Education Nationale, tout y passe.
"Une chronique de la vie ordinaire menée tambour battant aussi captivante qu'un roman d'aventures" (Communique de presse). Du vrai Marie-Aude Murail !
Papa et maman sont dans un bateau, Marie-Aude Murail. L'école des loisirs, 2009.
17 février 2009
La famille gribouillis, Edouard Manceau
Voici le dernier album d'Edouard Manceau où comment à partir de "simples gribouillis" on arrive à la question "comment on fait les bébés ?" (ou plutôt ici "comment on fait les petits griboullis ?")
Si on rajoute une couronne à un gribouillis cela donne un roi griboullis. Ce roi gribouillis va rencontrer la reine du gribouillage ( ;-) ). Ils vont tomber amoureux et de cet union va naître un petit gribouillis.
Cet album est simple mais efficace. Tout comme dans Nom d'un champigon, il y a des flaps à soulever ce qui plait toujours aux plus jeunes (et même au plus grand).
Avec de (beaux) gribouillis bicolores (le roi en noir et la reine en rose), Edouard Manceau nous livre une histoire pétillante sur le thème universel de la famille.
La famille gribouillis, Edouard Manceau. Milan jeunesse, 2009.
05 novembre 2008
Je veux vivre, Jenny Downham
Tessa à seize ans. Elle est atteinte d'une leucémie depuis trois ans et sait qu'elle va mourir. Alors, avant de partir, elle décide de réaliser tous ce qu'elle n'a pas encore pu faire : dire "oui" à tout pendant une journée, se droguer, faire l'amour, réconcilier ses parents etc. Aidée de sa meilleure amie et de ses parents qui acceptent tout, elle va se lancer dans une course contre la montre, contre la mort, pour vivre !
Ado, j'adorais lire les livres "tristes à pleurer" (comme disait ma mère), du coup, je me suis lancée dans la lecture de ce roman.
L'histoire de Tess a raconté avec justesse. Même si la jeune fille nous semble parfois énervante, on comprend ses caprices et ses envies de crier au monde qu'elle veut vivre. La relation entre le père et la jeune fille est très touchante. Un père qui accepte tous les comportements de sa fille et qui refuse de croire qu'elle va mourir. On n'échappe pourtant pas au pathos dans les dernières pages : les adieux et la mort de la jeune fille traîne un peu en longueur. Heureusement, Tessa va vivre, une magnifique histoire d'amour qui ressort comme une bouffée d'oxygène.
L'histoire est touchante et on ne peut pas rester insemsible à cette ado qui meurt sous nos yeux. Cependant, j'ai moins accroché que ce que j'aurai imaginé ; peut-être ai-je moins besoins de lire ce type d'histoire pour me rassurer ?
Sur les thématiques du cancert, de la mort et des relations entre parents et enfants, j'ai nettement préféré Ne t'inquiètes pas pour moi, d'Alice Kuipers. De plus, j'ai un peu l'impression que ce sujet est "à la mode" : vient de paraître Quand vous lirez ce livre de Sally Nicholls qui raconte l'histoire d'un jeune garçon de 11 ans qui décide de faire tout ce dont il rêve avant de mourir d'une leucémie.
Je veux vivre, Jenny Downham. Plon jeunesse, 2008.





