26 novembre 2009
Lisa a disparu, Jo Hoestlandt
Un soir, Lisa a disparu. Elle n'est pas rentrée de l'école. Qu'a-t-il pu se passer pour que cette jeune fille d'ordinaire si discrète décide de partir et de ne pas donner de nouvelles. Où est-elle ? Pour essayer de la retrouver, un policier va tour à tour interroger les proches de Lisa (ses parents, sa baby-sitter, son institutrice...)
Un court roman empli de sensibilité. Chaque chapitre retranscrit le témoignage d'un des proches de Lisa et permet au lecteur, au fil de la lecture, de mieux cerner la personnalité de la jeune fille. Lisa, qu'on dit discrère, rêveuse et sans histoire est en réalité mal dans sa peau : elle ne veut plus être transparente et aimerait pouvoir prendre son temps dans un monde qui va toujours plus vite et où on lui demande sans cesse de se dépêcher.
Une lecture touchante pleine d'émotions et de sagesse pour replonger dans les rêves d'enfants loin du monde des adultes.
Lisa a disparu, Jo Hoestlandt. Nathan, 2009.
Le beau billet de Bauchette.
21 octobre 2009
Punie !, Nathalie Kuperman

Dorénavant, Olivia devra rester debout près des poubelles durant les récréations. Elle a été punie ; punie par trois autres filles de sa classe dont Coralie, sa meilleure amie. La fillette n'a pas le choix : elle doit obéir à ses trois tortionnaires sous peine de voir son secret dévoilé. Qu'a t-elle fait pour mériter une telle punition ? Pourquoi son amie se ligue contre elle ?
Un livre percutant qui évoque la méchanceté des enfants entre eux et les souffre-douleurs dans les écoles. Le message délivré aux lecteurs est important : il faut parler pour régler les difficultés que l'on rencontre dans la vie. Un petit roman à lire pour se donner du courage et décider de ne plus se laisser marcher sur les pieds.
J'ai été très touchée en lisant ce roman. Peut-être parce que je me suis un peu reconnue dans cette petite fille rejetée par ses camarades...
Punie !, Nathalie Kuperman. Ecole des loisirs, 2009.
Vu chez Clarabel
06 octobre 2009
Joyeux ornithorynque !, Cécile Chartre
Pour bon nombre d'entre nous, le 4 juin est un jour comme les autres. Mais pour Mado, la narratrice, le 4 juin est une journée particulièrement éprouvante et pour cause, c'est l'anniversaire de sa maman ! Depuis qu'elle est petite, la mère de Mado refuse qu'on lui souhaite son anniversaire. Tous les ans c'est la même histoire : elle fait la tête et traîne des pieds. Vieillir est pour elle un vrai supplice ! Alors, chaque 4 juin, toute la famille attend avec impatience que la journée s'achève. Mais cette année est différente, la mère de la jeune fille va avoir quarante ans. Pour éviter que la journée tourne au drame, le père de Mado a une idée lumineuse. Il décide de bannir le mot "anniversaire" qui sera désormais remplacé par "ornithorynque" et emmène tout le monde en Espagne. Sur la route, ils vont faire une drôle de rencontre. Et si, finalement, cet anniversaire devenait une journée inoubliable ?
Joyeux ornithorynque ! est un texte court chargé d'émotions. En quelques pages, l'auteure réussit à nous faire passer du rire aux larmes. Une histoire à lire pour ne pas oublier que la vie est un cadeau qu'il ne faut surtout pas gâcher.
Les billets de Clarabel, Gawou et de la Soupe de l'Espace m'avaient donné envie de lire ce roman. Je n'ai pas du tout été déçue. Arrivée au tournant de l'histoire (que je tairai !!!) j'ai même eu la gorge nouée. Je conseille vraiment ce livre qui se lit très rapidement et qui nous fait voir la vie autrement.
Joyeux ornithorynque !, Cécile Chartre. Rouergue (DaCoDac), 2009.
24 août 2009
Le rire de Stella, Siobhan Parkinson

Jake est un garçon passionné par les poissons. Il n'aime pas les filles et encore moins les bébés. Il va pourtant devenir l'ami de Stella, rencontrée par hasard dans un supermarché, qui fait partie d'une famille nombreuse ; il va aussi devoir s'impliquer dans le rôle de grand frère puisque sa mère vient de mettre au monde une petite fille. Ces nouvelles rencontres vont boulerverser sa manière de vivre...
Tout comme Aurélie, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire. Le lecteur est au courant dès le début du roman : Jake va devoir faire face à un évènement difficile. Oui mais lequel ? Voilà la question que je me suis posée tout au long de la lecture, la réponse n'arrivant que dans les derniers chapitres. L'ambiance est assez pesante puisqu'on est dans l'attente (pour expliquer ce que j'ai ressenti : comme si on savait qu'il allait arriver quelque chose de grave à un proche mais qu'on ne pouvait rien faire pour l'en empêcher). Heureusement, la chute est positive - Jake doit faire de l'épreuve une force, pour pouvoir la surmonter et continuer à avancer malgré tout.
Le rire de Stella, c'est toutefois une belle histoire d'amitié entre deux (grands) enfants que tout oppose. Leur amitié va permettre à Jake et Stella de grandir, de remettre en question leurs avis en confrontant leurs différents points de vue. Il y a aussi le personnage de Mme Kennedy, la vieille dame pleine de sagesse, voisine de Stella, que les deux enfants vont rencontrer.
Je n'ai donc pas spécialement accroché par contre pour ma collègue, ce fut un coup de coeur.
Pour les enfants à partir de 10-11 ans.
Le rire de Stella, Siobhan Parkinson. L'école des loisirs, 2009.
20 août 2009
Celui qui voit avec ses pieds, Yves Pinguilly
Koudoubi s'envole pour la France. Le jeune Burkinabé a été engagé par un sélectionneur pour jouer dans l'équipe de football de Guingamp. Mais à Roissy, son entraîneur l'attend en vain. Koudoubi a mystérieusement disparu. (4e de couverture)
Les histoires d'Yves Pinguilly évoquent souvent l'Afrique. Une fois de plus, l'auteur nous entraîne sur le continent africain, à la rencontre de Koudoubi, un jeune footballeur. Koudoubi n'est pas un joueur comme les autres puisqu'il a été sélectionné pour intégrer un club français.
Le récit débute le jour du départ de l'adolescent - son oncle l'accompagne jusqu'à la porte de l'embarquement - et est ensuite composé de différents flash backs. Ces retours dans le passé nous apprennent comment Koudoubi a été sélectionné, ce qu'il a fait la veille de son grand départ.
Effectivement, une fois à Roissy, Koudoubi est introuvable. Je n'en dirai pas plus (sauf qu'il y a une histoire de filles là-dessous ;-) ).
Voilà un court récit (une quarantaine de pages) qui ravira les fanas de foot (mais pas seulement). En effet, Yves Pinguilly s'est amusé à glisser de nombreuses expressions faisant références à ce sport.
Pour connaître l'explication concernant le titre, il faudra attendre la fin du récit (l'adolescent n'est pas aveugle, comme je l'ai pensé la première fois que j'ai vu le livre).
Même si l'histoire est courte, je conseillerai ce livre aux enfants à partir de 10-11 ans.
Celui qui voit avec ses pieds, Yves Pinguilly. Editions du Jasmin, 2009.
19 août 2009
FDD Fatou Diallo Détective, Emmanuel Tredez
Fatou est une petite fille de 9 ans qui habite dans la cité des Violettes. Mais attention, sa cité est tranquille pas comme celles dont on parle toujours à la télé. Le quartier est-il vraiment si tranquille que ça ? Quand un chat disparait ou qu'un portable est volé, Fatou est là pour mener l'enquête ! En effet, avec ses amis, elle a créé l'agence de détectives FDD et est toujours prête pour élucider tous les mystères.
Voilà un petit roman que j'ai beaucoup aimé ! L'héroïne est une fillette espiègle qui n'a pas sa langue dans sa poche. La lecture est vraiment agréable et les nombreux jeux de mots, compréhensibles par les plus jeunes, donnent le sourire.
Le roman est divisé en quatre petites enquêtes toutes ancrées dans le quotidien des habitants du quartier. Ici, point de cadavre, de sang ou de police mais des sujets plus proches des enfants. Si elles peuvent être lues individuellement, les histoires reprennent toutefois les personnages déjà présentés par Fatou.
Un premier roman policier à conseiller aux enfant à partir de 8 ans.
FDD Fatou Diallo Détective, Emmanuel Tredez. Nathan, 2009.
07 juillet 2009
Le parfum de l'accident, Roger Judenne, illustré par Thierry Christmann
Aujourd'hui, Maxime s'est fait tout beau : il a rendez-vous avec sa grand-mère chez le photographe. En chemin, il va s'arrêter manger une glace et tout va alors déraper.
Avec ce titre, j'ai découvert une des nouvelles séries d'Hatier Poche : Rue casse-tête. Il va m'être difficile de parler de ce livre sans en dévoiler "le truc" ; je vais tâcher de faire attention et de ne pas trop en dire.
Chaque chapitre de l'histoire correspond à un narrateur différent. J'ai eu du mal à comprendre le début du chapitre 2 parce que je n'avais pas saisi cette astuce. Pourtant, le nom de la personne qui va raconter ce qu'elle a vu est bien indiqué en tête de chapitre. Le choix de faire parler plusieurs personnages est peu commun et nous permet d'avoir une vue globale de l'évènement qui va se produire : Maxime va se faire renverser par un car.
Arrivée à la fin de l'histoire, j'ai été très sceptique. Le texte me paraissait incohérent : comment un garçon de 7-8 ans peut-il avoir un ami qui fait du scooter ? Pourquoi y-a-t-il un vendeur de ticket qui répète sans cesse que si les enfants n'ont pas de tickets, ce sont leurs parents qui sont responsables ? Bref, j'avais trouvé l'histoire sans grand intérêt.
Heureusement, j'ai tourné la page !! Et là, la solution m'est apparue, donnée par l'auteur. Et nan, je n'avais pas deviné "le truc" de l'histoire (et pourtant, j'ai plus du double de l'âge des lecteurs auxquels ce roman s'adresse !). J'ai été bluffée et j'ai alors pensé "bien joué" avec un grand sourire aux lèvres.
Je conseille cette histoire aux enfants dès 7-8 ans. Peut-être qu'ils seront plus astucieux que moi ! En attendant, il faut que je me procure le 2e livre de cette série afin de voir s'il fonctionne sur le même principe (et cette fois, j'espère ne pas me faire duper !)
02 juillet 2009
Matakonda la Terrible, Anne Vantal, illustré par Julia Wauters
Matakonda est une terrible sorcière qui vit seule au fond de la forêt. Un jour, elle réalise une potion magique qui lui donnera un enfant beau et qui s'occupera bien d'elle. Hélas, rien ne se passe comme prévu. L'enfant qui nait est un garçon, Tom, mais il est loin d'être parfait avec son nez tordu et ses yeux qui louchent. Matakonda décide alors de se venger sur son fils.
Tom, mal aimé par sa mère, va vivre de nombreuses aventures. Dans cette histoire, en plus d'une sorcière, il y a également une princesse et, vous vous en doutez, une belle histoire d'amour. Tous ces ingrédients réunis plairont sûrement aux jeunes lecteurs.
Pour ma part, j'ai regretté certaines incohérences au niveau temporel notamment : l'auteure évoque des carrioles (ce qui rappelle une époque plus ancienne) alors que la jeune princesse porte des baskets fluorescentes (époque moderne).
Je suis peut-être vieux-jeu mais, pour moi, les "méchants" doivent le rester. Or, à la fin du récit, Matakonda s'adoucit, devient agréable, ce qui m'a un peu dérangé. Une sorcière reste une sorcière !
A lire des 8-9 ans.
Matakonda la Terrible, Anne Vantal. Actes Sud, 2009.
01 juillet 2009
Le meilleur des dictateurs, Bruno Paquelier
Dans un futur plus ou moins proche, les écrans ont totalement remplacé le papier. Une nouvelle emission de télé-réalité, "Le meilleur des dictateurs" fait un carton auprès des jeunes. Le but des quatre candidats participants : incarner le mieux possible le dictateur de la semaine, choisi par la production, afin d'empocher une grosse somme d'argent. Cette semaine, les quatre jeunes devront prendre la peau d'Hitler. Heureusement, il reste l'association D.E.H.O.R.S qui se bat pour faire cesser ce programme qu'elle est la seule à juger scandaleuse. Et puis, il y a Michel, nouveau candidat, qui va donner un tour innatendu à l'émission.
La télé-réalité et ses dérives, la société des écrans voilà des sujets qui me semblaient intéressants et encore peu traités. Pourtant... je n'ai pas été du tout bluffée et nous avons même rendu ce roman à la librairie.
La collection s'adresse aux enfants et j'ai trouvé que le texte n'était pas franchement adapté. L'auteur critique cette société future où la population sera peut-être complètment ignorante de son passé (ici les jeunes ne savent pas qui sont les dictateurs) pourtant dans le livre on trouve très peu d'informations sur Hitler et sur ce qu'il a fait (il faut donc déjà avoir un minimum de culture historique pour connaître certains faits cités dans le roman tel que le massacre d'Oradour). Sans pour autant faire de ce roman un livre historique j'aurai aimé y trouver davantage d'explications sur les faits réels.
Dès les premières pages, on trouve des répétitions ce qui m'a dérangé. (Il y a encore des dictionnaires des synonymes, nan ?)
Je n'ai pas non plus accroché au don surnaturel de Michel qui a les moyens de se retrouver dans le passé. Peut-être était-ce pour donner une touche d'originalité ? Pour ma part, j'ai trouvé que cela compliquait encore plus le récit et que là aussi, il fallait une certaine connaissance pour comprendre certains passages.
Ce roman m'a donc déçu pourtant le sujet choisi me paraissait intéressant mais il a été mal traité. Je ne conseille donc pas spécialement ce texte (Quoi que, j'aurai bien aimé connaître l'avis d'autres lecteurs)
Le meilleur des dictateurs, Bruno Paquelier. Oskar jeunesse, 2009.
25 juin 2009
Demain la lune, Cécile Roumiguière
Ete 1969, Michel a onze ans. Pour la première fois, il va passer le mois de juillet dans un camping avec son père et Liliane, sa soeur, de 4 ans son aînée. Ses parents viennent de se séparer et le garçon a du mal à accepter de ne plus passer les deux mois d'été en Bretagne, chez son grand-père. Mais il n'a pas le choix : le voilà embarqué dans un train direction Toulouse ! Sur le quai, son père est là mais il n'est pas seul : voilà qu'une femme, Mireille, l'accompagne. Et il faudra bien faire avec bien que Lilianne ait décidé d'en faire voir de toutes les couleurs à cette nouvelle venue.
Une fois au camping, Michel va faire la connaissance de Corinne, une petite brunette avec des couettes et un nez rouge d'avoir trop pris le soleil. Corinne est une petite fille fascinée par les nouvelles technologies et l'espace. En effet, en cet été 69, un grand évènement se prépare : bientôt l'homme fera ses premiers pas sur la Lune. Et c'est en passant du temps avec cette nouvelle amie que Michel va s'intéresser à la conquête spatiale.
Cette histoire m'a beaucoup touché. Demain la lune est un livre qui parle d'amour : Michel va découvrir qu'en terme d'amour (et de beaucoup d'autres sujets d'ailleurs !) on n'est jamais sûr de rien. L'amour vient et puis s'en va. C'est là vie. Durant cet été, le garçon va perdre beaucoup de ses illusions mais c'est souvent ce qui fait grandir.
En arrière plan, il y a aussi la conquête de l'espace et les premiers pas de l'homme sur la lune. Cet évènement majeur qui a donné des rêves fous aux gens. Et si dans les années à venir, il n'y avait plus de guerre, de famines etc. ? A ce moment, tous les espoirs étaient permis pour les milliers de téléspectateurs présents devant leur télévision. Corinne et Michel ont aussi des rêves insensés : et si en l'an 2000, ils partaient en vacances en orbite ?
Cette époque n'est pas du tout la mienne et pourtant cela ne m'a pas empêché d'être transportée par l'histoire. Ce n'est pas du tout ringard, au contraire ! J'ai été portée par les rêves, les illusions bercées par le texte. Cécile Roumiguière nous plonge dans un été hors du commun qui fera grandir Michel (et le lecteur aussi ?!)
Demain la lune, Cécile Roumiguière. Seuil, 2009.







